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FAMILY
Un Soplo En El Corazón 
– Elefant Records –

En Angleterre, ce fut la folie Madchester. En France, la french touch. Et en Espagne, le Donosti Sound. Méconnu hors de ses frontières mais fomenteur de nombre de vocations de l’autre côté des Pyrénées, ce son de Donostia (nom en langue Basque de San Sebastian) était à l’image de sa ville d’origine : élégant, romanesque, d’un charme un tantinet suranné, d’une indicible mélancolie.

Il est souvent fait état de l’influence d’un lieu, d’un environnement, sur les œuvres d’un artiste. Dans l’imaginaire collectif, The Velvet Underground est depuis belle lurette indissociable de New York et le MC5, de Detroit. Tout comme Nirvana l’est de Seattle, ou New Order, de Manchester. Au début des années 90, basées à une quarantaine de kilomètres de la frontière française, enivrées par l’iode et inspirées par la magnifique baie de la Concha, trois formations ont presque au même moment réalisé leur premier album. Le Mans, La Buena Vida et Family, donc, centre d’intérêt d’une chronique que l’on rêve en panégyrique. Trois groupes aux mêmes aspirations (seule compte la chanson), aux ambitions mesurées (se faire plaisir pour mieux faire plaisir), aux relations quasi incestueuses. Si les premiers se sont volontairement désintégrés en 1999 et que les seconds ont fini – à la stupéfaction générale – par chambouler les donnes des charts de la péninsule, les troisièmes ont choisi de disparaître aussitôt leur œuvre inaugurale publiée. Un peu comme si Javier Aramburu et Iñaki Gametxogoikoetexea savaient qu’ils ne leur serviraient à rien d’essayer de donner une suite à un disque pour lequel l’expression “coup d’essai, coup de maître” aurait très bien pu être inventé, et qu’ils peaufinaient en fait sous d’autres identités et avec des approches différentes (l’une ouvertement dédiée à l’acoustique, l’autre sous exclusive emprise électronique) depuis plusieurs années.

Ainsi baptisé d’après le film de Louis Malle de 1971, Le Souffle Au Cœur, ce disque va célébrer le mariage de ces deux directions à un moment envisagées. Il voit initialement le jour en 1993, alors que l’Espagne se reconstruit un réseau indépendant et qu’émergent un peu partout activistes, journalistes, musiciens et/ou passionnés pour donner naissance à une effervescence qui débouchera, entre autres, sur la création du désormais fameux festival de Benicassim. Le duo de San Sebastian, lui, ne goûtera jamais à toute cette agitation. Par choix. Par philosophie, se risquerait-on même à affirmer. Calculateur ou non, il se refusera ainsi à donner la moindre interview, ne se produira jamais sur scène et ne dévoilera en tout et pour tout qu’une seule photo, d’un noir et blanc un peu passé, comme s’il désirait renforcer une aura de mystère autour de ce projet peu banal. Car, chez nos voisins, ce groupe à la discographie unique est devenu culte, n’a cessé de susciter une admiration sans bornes.

Auprès de ses descendants ou de simples mélomanes, qui ont eu la chance de tomber, par hasard ou après maintes recherches, sur cet obscur objet du désir, réédité aujourd’hui pratiquement à l’identique (si l’on excepte un changement d’emballage) pour commémorer le dixième anniversaire de sa sortie. Une réédition en forme de canonisation tant ces quatorze chansons n’ont pas pris une ride, tant elles continuent d’étonner, de fasciner par ce mélange inopiné de naïveté (impression renforcée par l’usage de la langue de Cervantés, étonnamment parfaite dans un écrin pop) et de talent inné.

En quelque trente minutes, ce duo surdoué réussit le pari, annoncé mais jamais vraiment concrétisé, d’Electronic : accorder la fluidité des Smiths et l’implacabilité de New Order. Si Como Un Aviador aurait pu être l’un des trois angles de l’éternel Bizarre Love Triangle, La Noche Inventada et Yo Te Perdí Una Tarde De Abril sont bel et bien taillées sur mesure pour le Johnny Marr des grands soirs. Et des petits matins. Entre trouvailles juvéniles (le Melodica jouet du délicat Nadadora) et ambiances débonnaires (El Bello Verano, hymne miniature pour un été sans fin), arrangements décalés (la fausse trompette de Portugal, le xylophone de Viaje A Los Sueños Polares) et clins d’œil à quelques autres esthètes de la pop teintée d’électronique (Saint Etienne et les Pet Shop Boys en tête), Un Soplo…s’égrène ainsi sans anicroche. Romantique mais jamais toc, inspiré, il n’a de cesse de faire retenir son souffle à l’auditeur, estomaqué par ce parfait petit chef d’œuvre mélodique, sans doute enregistré avec trois bouts de ficelles mais transcendé par une intelligence et un savoir-faire de tous les instants. Et puisque ce disque semble promis à demeurer orphelin, raison de plus pour lui ouvrir grandes les portes de votre discothèque. Coup de cœur assuré.

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Thee Brandy Hips chantent In My Room – et on peut commander leur deuxième album par ICI

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THEE BRANDY HIPS chantent Hummingbird (album We Are Love, 2008)

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From Donosti with love — Thee Brandy Hips

Dissolve your love in water by Thee Brandy Hips

Je ne sais pas grand-chose de Thee Brandy Hips. Si ce n’est qu’ils viennent de San Sebastian – et pour moi, c’est plutôt bon signe. Visiblement, le 12 février 2012 – 12022012, OK ? –, ces jeunes gens vont sortir leur deuxième album, produit et mixé par leurxs compatriotes de We Are Standard – oui oui, ceux-là mêmes qui se produiront aux Trans Musicales, en décembre prochain.

Et si tout est à l’aune de cet hymne primesautier qu’est Dissolve Your Love In Water, on n’a pas fini de s’amouracher …

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En 2002, Elefant Records rééditait l’œuvre des cultissimes Aventuras de Kirlian, futurs Le Mans puis Single. “Pop naif”, disait-on là-bas. Oui, mais pas que …

AVENTURAS DE KIRLIAN
86-88

Pour les amateurs de la scène pop indépendante espagnole, cet album est à prendre comme un étonnant document historique. Pour les mélomanes qui ont eu la chance de découvrir un jour les œuvres d’un groupe baptisé Le Mans, ce même disque pourrait fort prendre les allures d’un Graal à découvrir d’urgence.

Mais il est temps de faire un peu d’histoire. 1986. L’Espagne file un mauvais coton musical. Après l’explosion “indie” de la fin des seventies – structurelle et artistique –, tout est rentré dans le rang. Les labels ont tous été peu ou prou absorbés par de “vilaines” majors, les groupes ont perdu de leur créativité. Les nouveaux venus ne pensent qu’à ressusciter un rock garage sixties sans aucune imagination.

À San Sebastian, pourtant, quatre jeunes gens ont d’autres aspirations : ils se réunissent pour écouter les premiers singles d’Orange Juice ou de Felt, ne cessent d’écouter les deux albums des Marine Girls, dissertent sur Tamla Motown, Love ou les Byrds. Et puis, ces fans décident un jour de devenir musiciens. Aventuras De Kirlian est né et enregistre au débotté des maquettes artisanales (le mot est faible) et bricolées sur un minuscule quatre-pistes. Ce sont ces haïkus musicaux (la composition la plus longue n’atteint pas les deux minutes) que l’on retrouve pour la première fois sur disque.

Entre citations à peine déguisées (des Supremes miniatures sur Los Genios, des Byrds nains pour Marnie La Ladrona) et influences ouvertement revendiquées (Young Marble Giants, Tracey Thorn), voici dix-sept instantanés de pop bucolique, qui offrent une insouciance communicative, une fraîcheur et une innocence qui semblent depuis belle lurette avoir disparu des productions musicales. En 1989, Aventuras De Kirlian enregistrera un mini-Lp avant de se métamorphoser quelques mois plus tard en Le Mans et faire les beaux jours du label madrilène Elefant Records… Mais ça, c’est une autre histoire.

 aventuras de kirlian  elefant  donosti  le mans  single 
 6 notes
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sangre española vol 1 

A very rough guide to the spanish scene [1980-2011]

 movida  donosti  madrid  sevilla  barcelona 
 4 notes
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MODERNIST BASQUE SURFING

J’aime beaucoup Loreak Mendian, une marque de vêtements (surtout cool pour la gent féminine) née à San Sebastian vers 1994. J’adore leur sens du graphisme, du détail, qui leur fait soigner jusqu’au design des étiquettes – il y a dans cette obsession quelque chose de Peter Saville.

Ça fait quelque temps que le big boss, Xabi, a dépassé le cadre de la mode stricto sensu, et multiplie expositions, organisations d’événements et autres “happenings”. L’un de ses derniers projets en date est donc une exposition sur les liens entre la marque qu’il a créée et l’une de ses nombreuses passions, le surf, au sujet duquel LM a réalisé un documentaire, Modernist Basque Surfing. En voici la bande-annonce

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DEP Pedro San Martin
¿ Dondé estabas tú en el 1991 ?

DEP Pedro San Martin

¿ Dondé estabas tú en el 1991 ?

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FAMILY – Yo Te Perdí Una Noche de Abril

Leur unique album, Un Soplo En El Corazón (Elefant Records, 1993), reste un classique miniature pour tous ceux qui voient en (au hasard) Sarah Records comme le mètre étalon d’une pop parfaite, représentée par des chansons haïku et de mélodies taquines.

Aujourd’hui, j’ai trouvé sur la Toile, les maquettes des deux projets antérieurs menés depuis San Sebastian par Javier Aramburu et Iñaki Gametxogoikoetxea – La Insidia et El Jovén Lagarto.  Une bonne occasion pour poster la meilleure chanson que Electronic n’aura jamais écrite …

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"I don't think you cannot be anything but subjective about Pop. As soon as you try and be objective […], you find you are talking about music" Alistair Fitchett

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