December 31, 2012 @ 5:51pm •
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Evening Hymns – Spectral Dusk
J’ai écrit cette chonique pour Rock and Folk, qui, faute de place, ne l’a pas publiée. Comme je parle ici de l’un de mes disques fétiches de 2012 (avec Soldiers de St Augustine), je me suis dit qu’il était temps que je la publie par ici…
Evening Hymns
Spectral Dusk
Kütu-Folk / Differ-ant
Pas la peine d’y aller par quatre chemins : dans un monde plus juste, Jonas Bonnetta serait Sufjan Stevens à la place de Bon Iver. Ou un truc dans ce goût-là. “Spectral Dusk” est le deuxième album qu’il enregistre sous le nom d’Evening Hymns, projet qu’il dirige aujourd’hui avec sa compagne Sylvie Smith. Tout comme sur son prédécesseur, le recommandé “Spirit Guides” (2010), déjà paru sur le label clermontois Kütu Folk, le jeune homme est hanté par la disparition de son père. Alors, les chansons qu’il imagine sont souvent teintées d’une aura mélancolique, d’une dimension cathartique. Elles suggèrent surtout, tout en majesté distinguée, une sensation d’espace étourdissante, à l’image de cette campagne canadienne où le couple a enregistré le disque, niché avec une poignée de copains (dont les excellents Timber Timbre) dans une cabane tout en bois.
Songwriter d’exception, catalyseur des sentiments les plus nobles et des émotions les plus pures, Bonnetta signe des symphonies de poche belles à chialer, qui filent des frissons, mais jamais le bourdon (au hasard, les voix mixtes de “Family Tree”, les pincements acoustiques de “Asleep In The Pews”, les arpèges de “Moon River”). Folk mais pas que, teinté d’électronique, enrichi de cordes, de piano ou de cuivres, de murmures en averses, l’univers d’Evening Hymns ressemble à une terra incognita mélodique, qui dévoile au gré des écoutes tous ses secrets. Oeuvre profondément touchante, “Spectral Dusk” s’immisce dans notre intimité. Touché, mais surtout pas coulé.