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The best New Order tracks not written by New Order

The Field Mice chantent Missing The Moon

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Une introduction à Sarah Records

On vous l’a assez répété… Le seul impact de la fameuse révolution punk a été structurel. L’apologie du principe du do it yourself ouvrant les yeux et les horizons, nombre de mélomanes comprennent alors qu’ils peuvent eux-mêmes devenir acteurs de premier plan et passeurs définitifs. Sans pourtant être musiciens. En Grande-Bretagne en particulier, les années qui suivent les exactions des Sex Pistols et consort voient proliférer des fanzines et ces fameuses structures indépendantes.

Alors qu’entre 1976 et 1977, les fers de lance du mouvement trouvent refuge sur les majors (l’argent n’a pas d’odeur, dit-on), des jeunes gens placent leur énergie, leur appétit, leurs idées dans des entreprises émancipées. Des exemples ? En Irlande, Good Vibrations mise sur les mal-aimés Undertones. À Édinbourg, Bob Last fonde Fast Product pour accueillir dans la foulée The Mekons, The Human League, Gang Of Four et Scars – sacré carré. Et les exemples de se suivre sans forcément se ressembler, même si l’Ambition (dans le sens Vic Godard du terme) reste identique.

Mais tous comprennent vite qu’ils doivent assembler leurs (maigres) forces. À Manchester, New Hormones sort le premier 45 tours des Buzzcocks, avant d’abriter les inclassables Ludus de Linder Sterling. Factory s’amuse avec les théories situationnistes, tout en dénichant Joy Division et The Durutti Column. Pas très loin, Zoo Records ouvre ses portes à des pensionnaires racés (Teardrop Explodes, Echo & The Bunnymen, puis The Wild Swans…), alors que la capitale compte bien tenir son rang, aidés en cela par le pragmatique Rough Trade, l’éclectique Cherry Red, l’esthétique 4AD ou l’électronique Mute.

Ils sont pléthore, ces labels à la durée de vie indéterminée au moment de leur naissance. Mais deux structures vont frapper plus particulièrement l’imaginaire. L’une est née au crépuscule des seventies, à Glasgow, sous l’impulsion d’un garçon chic, Alan Horne, mélomane obsessionnel, autant épris de punk que de soul, de nouvelle vague que de littérature classique, et qui trouve en Orange Juice et son leader Edwyn Collins le groupe capable de cristalliser ses appétences. Malgré une existence météorique (deux années, onze références), Postcard et son catalogue parfait (il faut ajouter Josef K, The Go-Betweens ou Aztec Camera…) continuent encore de compter ses rejetons – n’est-ce pas Franz Ferdinand ?

Tout aussi Écossais est Alan McGee. Mais cet ancien employé des chemins de fer réside à Londres lorsque, après avoir organisé des soirées et édité un fanzine, il crée son label : Creation sera son nom, en l’honneur de la formation sixties. Multiple sera son action. Car le jeune homme est aussi musicien (Biff Bang Pow!) et manager (The Jesus And Mary Chain). Plus que tout autre encore, ces deux entreprises au destin divergeant vont symboliser la quintessence de ce qu’on a appelé l’indie pop, en métamorphosant leurs criantes faiblesses originelles en forces infaillibles, érigeant paupérisme et amateurisme en qualités premières.

À partir du mitan des années 80, cette scène parallèle va connaître un essor d’une ampleur insoupçonnée. Des États-Unis ou d’Australie, bientôt d’Allemagne, d’Espagne et de France, une ribambelle de structures, de groupes parlent un même langage. Mais parmi eux, un seul réunit vraiment tous les ingrédients pour faire croire que le miracle David contre Goliath est à nouveau possible.

En 1987, quand Matt Haynes (agitateur notoire, auteur du fanzine génial Are You Scared To Get Happpy?) et Clare Wadd (mélomane elle aussi active) s’accouplent pour donner naissance à Sarah Records, personne ne peut se douter de son futur pouvoir de séduction. Avec son graphisme gauche à la naïveté confondante, ses pochettes plastiques, ses manifestes photocopiés, cette structure intimement liée à sa ville d’origine (Bristol) finit par déclencher chez beaucoup les premiers émois, et par faire naître chez d’autres des vocations. Irréprochable jusque dans son suicide de l’été 1995, Sarah va devenir l’épicentre d’un mouvement underground dont les ramifications multiples et la dimension internationale estomaquent encore aujourd’hui. D’autant que son influence, par l’entremise de ses signatures phares (The Field Mice en tête, The Orchids, The Wake ou The Sea Urchins sur les talons), est toujours prégnante.

Et si l’époque et les moyens ont changé, c’est bien ce même esprit qui anime certains blogs, certains labels, certains groupes. C’est bien la même envie irrépressible de faire partager une émotion définitive et virginale. C’est toujours la même histoire : on fonce et on verra après

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En 2005, la structure archiviste Les Temps Modernes rééditaient la discographie de The Field Mice : tour d’horizon.

Au crépuscule des années 80, deux figures emblématiques de la scène musicale s’étaient lancé dans un délicieux défi, qui, aussitôt dévoilé, avait fait naître chez tous les fans transis de “pop indé” une sensation de vertige. Pour ces derniers, l’idée de réunir dans un seul et même projet “les synthés de New Order et les guitares des Smiths” relevait du fantasme inavouable, même à leur plus intime confident. Fantasme que la majorité, entre deux soupirs de satisfaction, pensait se voir réaliser puisque les deux instigateurs de cette mission (a priori) impossible répondaient aux noms de Bernard Sumner et Johnny Marr. Mais la suite des événements, sans pour autant être dénuée d’intérêt et de qualités, en laissera plus d’un sur sa faim. Et dire que la plupart de ces mélomanes chagrinés ne soupçonnaient pas l’existence d’un autre duo, originaire de Mitcham – une banlieue sans âme du sud de Londres, bien loin de Manchester, donc –, qui, sans bruit ni fracas, affichait peu ou prou la même ambition saugrenue. À la différence (de taille, la différence) que, pourtant sans moyens (ou presque), ces deux garçons, rapidement rejoints par une cohorte de chouettes compagnons, atteindront leurs buts. Les Field Mice naissent à la fin de l’année 1987 de l’imagination de Robert Wratten – féru d’un label nommé… Factory Records – et Michael Hiscock, deux amis de collège qui se sont retrouvés par hasard quelques années plus tard dans un magasin de disques de Croydon. C’est dans cette formation réduite à sa plus simple expression, aidée par un jeune producteur nommé Ian Catt (qui deviendra plus tard l’homme de l’ombre de Saint Etienne, entre autres connexions entre ces deux formations) que ces garçons réalisent leurs premiers singles et leur album inaugural, Snowball. Accueillis par Sarah Records, structure miniature ayant adopté comme profession de foi les mélodies limpides et les arpèges chatoyants, ils deviennent rapidement l’emblème de la maison. Tous ceux qui sont tombés – par hasard, le plus souvent – sur ce second simple touché par la grâce, le bien nommé Sensitive (un titre qui résonne encore aujourd’hui comme une déclaration d’intention) suivront dès lors à la trace ce groupe pas vraiment comme les autres. Car il est pour ainsi dire impossible de sortir indemne de cette chanson en équilibre précaire, transpercée par des éclairs de guitares délicatement sales, ornée par une voix à la nonchalance contagieuse et transportée par un refrain solennel. En fait, chaque composition du tandem sonne dès lors comme un classique, procure cette sensation enivrante qu’elle s’adresse personnellement à chacun d’entre nous. Boite à rythmes bancale, basse élastique et mots caressés sont les principaux atours de ces belles ritournelles, dont certaines flirtent même, à demi-mots et les yeux baissés, avec une musique house qui s’apparentait alors à une Terra Incognita. Pour s’en convaincre, il suffit aujourd’hui d’écouter ce Let’s Kiss & Make Up faussement hédoniste, dont… Saint Etienne se chargera de dévoiler, quelque trois ans plus tard, toutes les qualités dansantes. Rejoints par Harvey Williams, Robert et Michael iront encore plus loin dans leurs pérégrinations électroniques dès Triangle, morceau d’ouverture de Skywriting, deuxième LP réalisé en juin 1990, alors que les Beloved et autres Primal Scream viennent tout juste de découvrir une certaine forme d’extase. Nos amis, eux, ne semblent pas avoir ce penchant pour les substances hallucinogènes, préférant se doper naturellement, comme le suggère sur l’hypnotique Humblebee le fameux mot d’ordre déclamé par une voix féminine samplée : “Chocolate/Love/Sex”. Mais jamais ils ne tournent le dos aux ambiances boisées et aux arpèges d’une ligne si claire qu’elle en devient aveuglante, comme l’illustrent superbement Canada et Clearer, mais aussi le mini-album So Said Kay ou les 45 tours The Autumn Store Part 1 et 2. C’est en merveilleux équilibristes que les Field Mice se joueront jusqu’au bout de cette dichotomie, le temps d’un ultime opus (For Keeps, à l’assurance presque étonnante) et de deux singles, autant de disques pour lesquels le trio est devenu quintette, avec les renforts de deux fans, la jeunette Annemari Davies (au chant et clavier) et Mark Dobson (à la batterie). Cette formation éphémère va tout de même trouver le temps de célébrer l’un des plus beaux mariages jamais imaginés entre la pop la plus classique et la danse la plus épidémique, à la lumière d’un Missing The Moon aveuglant, classique de cette époque révolue où quelques chansons, rares et chéries, s’écoutaient aussi bien dans sa chambre à coucher que sur la piste d’un club enfumé. Les Temps Modernes offrent la quasi-intégralité des morceaux (on retrouve même les deux titres réalisés en 1989 sur Caff Corporation, label mené par un fan transi alors journaliste, répondant au nom de… Bob Stanley, déjà en train d’imaginer son projet stephanois) sortis par le groupe en l’espace de ces quatre années d’existence, agrémentés de quelques inédits, dont une reprise du poète mancunien frappadingue John Cooper Clarke, A Heart Disease Called Love, co-signée par un certain Martin Hannett. Voilà sans doute l’une des dernières occasions (en 1998, la très belle compilation Where’d You Learn To Kiss That Way avait offert une première session de rattrapage) de se rappeler que, non contentes d’être le véritable (et unique ?) maillon manquant entre The Smiths et New Order, les différentes incarnations des Field Mice ajoutaient souvent à cette chaîne en or massif un anneau nommé Felt. Comme si Robert, Michael et leurs amis s’étaient ingéniés à matérialiser un… Bizarre Love Triangle de la pop moderne.

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