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The Railway Children – Wilderness [novembre 1987]  

 Les moqueries ont perduré un bon bout de temps … Imaginez un peu : le plus grand label de la terre de Manchester était passé à côté du plus grand groupe de la terre de Manchester. Factory avait raté The Smiths, “faute d’argent au moment opportun”, expliquera à qui voulait bien le croire Tony Wilson pendant des années. Mais l’homme pouvait tout de même se targuer d’avoir récupéré James, la formation favorite de Stephen Patrick Morrissey et que tout le monde promet au plus bel avenir. Catastrophe – “faute d’argent au moment opportun”, se plaira à répéter le même Wilson –, le label n’a pas les moyens de produire un album en bonne et due forme et pousse la troupe de Tim Booth, auteur de deux singles et d’un EP compilatoire, à un exil doré plus tard couronné de succès.

Sur ces fâcheux entrefaites, arrivent les Railway Children, quatre adolescents originaires de Wigan. Ainsi baptisés d’après un film britannique de Lionel Jeffries réalisé en 1970, ils ont été repérés et signés sur la foi de leur première maquette par Mike Pickering, DJ à la Haçienda, membre du projet proto-house Quando Quango et, à ce moment-là, également directeur artistique de la structure (qui lui doit également James et les Happy Mondays). Le leader du quatuor a, pour ainsi dire, tout pour lui : la mèche romantique, un visage de jouvenceau ténébreux, une voix de crooner à faire pâlir de jalousie Edwyn Collins. Et, surtout, une sacrée prédisposition pour l’écriture de chansons racées et polychromes, radieuses et voluptueuses.

Il suffit de deux singles – Another Town et le si bien nommé Brighter –, pour que The Railway Children se retrouve sur les bons rails. Déjà, ils font tourner les têtes et s’imposent en dignes successeurs de… The Smiths (cette facilité mélodique) ou de l’école écossaise de Postcard (Aztec Camera en tête). Reunion Wilderness ne fait que conforter ces premières impressions. Factory, enfin, tient son groupe d’indie pop, qui semble se contrefoutre de la technologie, des pistes de danse et d’illicites substances. Mais d’autres lorgnent déjà sur les talents de Newby, et le quatuor ne tarde pas à se laisser séduire par le chant des sirènes londoniennes. En moins de temps qu’il ne lui faut pour composer un morceau, il accepte une offre de Virgin. Mauvais calcul : il injecte trop d’électronique dans ses compos organiques, travestit ses chansons pour goûter à un succès aussi amer qu’éphémère. Pire, personne ne saura jamais ce qu’il serait advenu de The Railway Children s’ils n’avaient décidé de quitter si vite le bercail…

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